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La Turquie et l’équilibre des rôles à Gaza : une médiation entre Washington et le Hamas sans engagement sur le terrain

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**Traduit et préparé par**

Hadir El-Bahery

Journaliste, traductrice et chercheuse en affaires turques

Dubaï

La signature par le président turc Recep Tayyip Erdoğan de la « Déclaration pour la paix et la prospérité durables » lors du sommet de Charm el-Cheikh a suscité un large débat sur le véritable rôle de la Turquie dans l’accord de cessez-le-feu à Gaza : certains y voient un médiateur actif cherchant à convaincre le Hamas, tandis que d’autres doutent de sa capacité à assumer des engagements concrets sur le terrain.

L’écrivain et analyste turc Mehmet Ali Güler a déclaré que les affirmations diffusées par certains médias proches du gouvernement, selon lesquelles la Turquie jouerait un rôle de « garant » dans l’accord de Gaza, ne reposent sur aucune base politique ou juridique, précisant qu’Ankara « joue pour l’instant le rôle de médiateur, et non de garant ».

Güler a expliqué que le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a lui-même démenti, dans une interview télévisée, que la Turquie soit un garant, soulignant que son rôle se limite à la médiation.

Dans un article publié dans le quotidien d’opposition *Cumhuriyet*, de tendance libérale et laïque, Güler a noté que la signature par le président Erdoğan de la « Déclaration pour la paix et la prospérité durables » lors du sommet de Charm el-Cheikh a été exagérée par les médias progouvernementaux, qui ont parlé d’une « garantie turque pour la bande de Gaza », alors que la déclaration elle-même ne mentionne aucun engagement de ce type.

L’auteur précise que les déclarations du ministre Hakan Fidan ont mis fin à cette controverse, puisqu’il a clairement affirmé : « Nous ne sommes pas des garants, mais des médiateurs. Ce que nous faisons jusqu’à présent, c’est servir d’intermédiaire entre les États-Unis et le Hamas. »

Selon Güler, cette médiation concerne les tentatives d’Ankara de convaincre le Hamas d’accepter le plan de paix de Trump et de se désarmer — une tâche « politiquement complexe », mais qui ne signifie pas que la Turquie assume la responsabilité de garantir la mise en œuvre de l’accord.

Il ajoute que, bien que Fidan nie pour le moment le principe de « garantie », il n’a pas complètement fermé la porte à ce rôle à l’avenir, déclarant : « Si la solution à deux États est mise en œuvre, nous serons prêts à assumer concrètement la responsabilité de garant. » Güler qualifie cela de « garantie prudente », car Ankara ne veut pas être liée à un accord susceptible de s’effondrer à tout moment.

Güler note également que l’escalade israélienne récente à Gaza, survenue après la signature de la déclaration, a révélé la fragilité de l’accord, Israël ayant lancé des frappes aériennes et terrestres sous prétexte de « violation de la trêve par le Hamas », malgré l’annonce par le mouvement de son engagement total au cessez-le-feu.

L’auteur conclut qu’Ankara « tente d’éviter de tomber dans le piège d’assumer la responsabilité d’un accord qu’elle ne contrôle pas », estimant que « le véritable problème ne réside pas uniquement en Israël, mais aussi dans le rôle des États-Unis, qui continuent d’alimenter l’escalade au lieu d’imposer une accalmie. »

Güler avertit que parier sur les États-Unis comme garant de la paix à Gaza reste une option risquée, soulignant la nécessité pour la Turquie d’adopter une stratégie indépendante capable de protéger ses intérêts régionaux.

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